Le prieuré de Gournay

 

   Le fief, la seigneurie des religieux d’Ivry est tout simplement le prieuré St Barthélémy de Gournay ; vous connaissez ? rue de l’ancien prieuré chez Gisèle Maignel ;

ensemble-actuel

Ce prieuré fut construit au XIIIe siècle par les bénédictins de l’abbaye d’Ivry, elle-même fondée par Raoul d’Ivry, échanson de Guillaume le Conquérant ; il fut peut-être érigé en seigneurie dès sa création.

ensemble-1968Du prieuré d’origine, qui devait comporter aussi un logis, ne subsiste que la chapelle, et encore Bernard et Gisèle l’ont trouvée dans un bien triste état ; elle était devenue grange ce qui lui avait valu un nouveau toit, plus bas que le toit initial qui s’était probablement effondré après la révolution ; on sait qu’à la révolution , cette chapelle était utilisée comme annexe de l’église paroissiale et il y avait un cimetière au Nord, à l’emplacement actuel de la route ; une étude dans les registres d’état-civil de la paroisse à cette époque pourrait confirmer cette hypothèse.

plan

  

Il n’y eut probablement jamais beaucoup de moines peut-être 2 ou 3 à la meilleure époque ; à Ivry même ils ne furent jamais plus d’une dizaine et 3 à la révolution.

  

dessus porte On remarque l’archivolte moulure supérieure) de la porte ; de la porte elle-même ne subsiste que le dessin d’AG Poulain ; les baies gothiques ont été patiemment restaurées par Bernard Maignel, celle surplombant l’autel donne aujourd’hui dans une grange,porte-actuelle

  

st barthélémy2

lavaboA l’intérieur, le lavabo permet, d’après un archéologue, une datation plus précise 1240, à cause d’un détail dans la base des colonnettes, détail existant ailleurs et daté dans un document ; depuis sa remise en état avec la réalisation de quelques sculptures , cette chapelle a été rendue au culte.

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coté-droit

clergéporteIl existe aux Archives Départementales un gros dossier (voir photo) relatif à ce prieuré. On pourrait s’attendre à y trouver un descriptif du prieuré et de la seigneurie correspondante, son histoire, son étendue, le nombre de moines, les noms des prieurs successifs, la production…

   Rien de tout ça ; il s’agit essentiellement d’aveux (8 datés de 1679 à 1741) ;

   Un aveu était à l’époque un document notarié, sur papier timbré, par lequel un propriétaire de parcelles (nues ou bâties) sises sur le territoire d’une seigneurie les au seigneur et s’engage à lui payer le cens (2 sols 6 deniers par acre soit environ 1€/ha) et à s’acquitter d’autres devoirs (seizièmes, mets de mariage..)

   Ce 1er aveu, daté du 13 juillet 1697, sur papier timbré, est adressé à Michel Buisson, prieur commandataire de St Barthélémy de Gournay ; l’adjectif mérite commentaire : au prieur (ou abbé) moine parmi les moines, élu par ses pairs, a été progressivement substitué un prieur (ou abbé) commandataire, nommé par décret royal et qui touchait ,de facto, environ le tiers des revenus du prieuré (un autre tiers étant affecté au fonctionnement, nourriture, vêtements.., et le dernier à l’investissement, bâtiments, matériel..). Ces prieurs commandataires parfois laïcs s’intéressaient peu à la vie du prieuré, souvent n’y résidaient pas et on ainsi vu péricliter nombres d’abbayes et en particulier celle des Bénédictins d’Ivry dont dépendait le prieuré de Gournay.

 comptabilité  Cet autre aveu, du 17 juillet 1697 émane du frère du précédent, Thomas Lenormand ; le timbre fiscal, généralité de Rouen et pas de chance pour lui une augmentation de 33% ! (1sol augmenté de 4 deniers)

   Ce qui est intéressant, c’est le dernier paragraphe : «..lequel aveu lui a été rendu pour le mettre es mains de mondit sieur…pour le voir et le blasmer si faire se doit.. »

   Et le document suivant, aveu de fraude est daté du jour même de la réception de l’aveu, et du blâme ; un oubli ? Sa propre maison, les masures de ses employés et ses vignes ! S’ensuivent donc un redressement financier et des prestations en nature à titre d’amende.

   Pour une réponse aussi rapide, Charles Buisson a du utiliser un document de ce type, trouvé dans le même dossier, que l’on appelait « plan-terrier », l’ancêtre du cadastre en quelque sorte (avec nom du propriétaire et superficie pour chaque parcelle).

Le verso du blâme est lui aussi instructif ; on peut penser que les messagers transportaient les documents seulement pliés, des plis, sans enveloppe.

 

 

 

 

 

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